45.000 km au volant d’une Audi A3 e-tron

45.000 km au volant d’une Audi A3 e-tron

Collaborant professionnellement à des projets liés à la mobilité et à l’énergie, j’ai décidé en 2015 de remplacer mon Audi A5 Sportback 2.0 TFSI par un modèle, disons, plus responsable, mais sans trop perdre en termes de plaisir de conduite. J’ai bien envisagé à l’époque la Tesla, mais si elle s’est montrée plaisante à conduire de par sa puissance disponible, elle n’était pas assez flexible sur de longs trajets, même si ces derniers sont occasionnels en ce qui me concerne. Il n’était pas encore temps pour le full électrique. On va passer par la case hybride.

L’Audi A3 Sportback e-tron était donc en gros la seule alternative crédible qui correspondait mi-2015 à mes critères :

  • Pouvoir rouler au maximum à l’électricité
  • Pas de diesel
  • Conserver un certain plaisir de conduite
  • Autonomie réelle flexible
  • Fiabilité
  • Marque Premium
  • Economie fiscale
  • Réduire l’emprunte carbone

La livraison de la voiture a été mon cadeau de fin d’année 2015. La photo ci-dessus vient de chez Audi, mais c’est exactement la version que j’ai choisie. Carrosserie, jantes, barres de toit,…

27 mois et plus de 45.000 km plus tard, je peux dresser un bilan très objectif. La voiture est très plaisante à conduire. Bon, j’ai perdu quelques chevaux et la voiture est assez lourde à cause des batteries, mais le couple étant présent dès l’arrêt, c’est loin d’être un veau. Les aides à la conduite participent également au plaisir de conduire, surtout le régulateur de vitesse adaptatif, aussi bien dans les ralentissements en ville que sur route.

La voiture correspond très bien à mon profil d’utilisateur. Mon bureau est à 15 km de mon domicile, mais il m’arrive régulièrement de me déplacer sur de plus longues distances en Belgique. Je fais également en général un grand trajet pendant les vacances.

Ingénieur en électricité, j’ai tout mesuré en terme de consommations. Les hommes du marketing sont bien entendu toujours très optimistes lorsqu’il s’agit de parler d’autonomie électrique d’une véhicule hybride, mais je suis arrivé à des chiffres très bas.

A la maison, j’ai installé la black box livrée avec la voiture sur mon réseau triphasé 3×400 V + Neutre. Une recharge complète dure 1h45. Au bureau, sur une prise classique monophasée, il faut environ 3h15. J’ai dû pour se faire racheter un câble hors de prix. D’accord il y a de l’électronique dedans (un peu), mais quand même… Faut pas exagérer…

Rouler à l’électrique impose d’avoir le pied plus léger pour éviter de décharger la batterie à la vitesse de l’éclair. Il faut aussi savoir que le froid joue sur le rendement des batteries. Lorsqu’il gèle, je ne dépasse pas 18 km à 120 km/h sur autoroute. Mais en en été, sur les petites routes du Brabant Wallon, je suis arrivé à mon record de 43 km en électrique.

Largement suffisant pour un aller-retour maison-bureau. Et sans stress puisque le moteur thermique est toujours là pour prendre le relais, et ce sans à coup.

Mais on se prête vite au jeu pour consommer le moins d’essence possible. Je recharge la voiture dès que c’est possible. Certaines enseignes commerciales permettent une recharge souvent gratuite. Certains parking sont équipés de bornes, mais elles sont encore rares et le tarif exigé par les gestionnaire de réseau est très exagéré. Il y a encore du boulot pour voir se développer la mobilité électrique.

Il m’est arrivé de faire 3.500 km avec un plein d’essence mais globalement, j’ai calculé que depuis le début, j’ai roulé 2/3 en régime électrique et 1/3 à l’essence. Je suis même très exactement à 2,6 litres aux 100 km. Sur de longs trajets autoroutiers en France à 130 km/h, il faut compter environ entre 7 et 7,5 l/100 km en fonction de la charge de la voiture.

Financièrement, le bilan est également positif, même si la voiture est vendue très chère. Heureusement, la fiscalité a joué en sa faveur grâce à une TMC et à des taxes réduites, mais aussi grâce à une déductibilité de 100% en société. Je ne suis pas certain que ce serait fiscalement parlant aussi intéressant pour un particulier.

Il ne faut bien sûr ne pas oublier que l’électricité à également un coût. En combinant tarif de nuit quand c’est possible, je suis à une consommation électrique moyenne de 15,5 kwh / 100 km. Ca, ce sont les chiffres de l’application qui ne tient pas compte des pertes. J’ai mis un compteur de passage et la réalité est à 17 kWh / 100 km avec une fourchette comprise entre 15 et 25 kWh selon les conditions de conduite. Essence et électricité cumulés, j’arrive à un coût de 7 € aux 100 km, ce qui est très raisonnable. Vous me direz qu’un diesel peut faire mieux, mais avec moins de plaisir de conduite et avec plus de vibrations et de bruit.

L’application Audi Connect est facile à utiliser, sur iPhone comme sur Mac.

Et si c’était à refaire maintenant ?

Je ne vous cache pas que racheter la même voiture pourrait faire partie des hypothèses…

Eric Croisy (un abonné du site GreenCars.Be)

 


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