[Essai] Hyundai Kona EV 64 kWh: la fin de l’angoisse ?

[Essai] Hyundai Kona EV 64 kWh: la fin de l’angoisse ?

Après avoir lancé son Ioniq à l’assaut du marché électrique, Hyundai a maintenant aussi converti son petit SUV Kona à la technologie du « tout électron ». Rencontre avec sa variante la plus zélée capable d’embarquer 64 kWh dans son pack de batterie !

 

Au cas où vous ne seriez pas encore familier avec l’univers de la voiture électrique, sachez que les (encore rares) modèles proposés par des marques généralistes s’équipent pour le moment de batteries stockant autour de 30 kWh à 40 kWh. La Renault Zoé, par exemple, est passée progressivement de 22 à 41 kWh au cours de sa carrière tandis que la Nissan Leaf, née avec 24 kWh puis 30 kWh, peut maintenant prétendre à un module de 40 kWh pour sa seconde génération. Quand on sait cela, comment ne pas être enthousiasmé à l’idée de voir le Kona débuter sa carrière électrique avec un pack de batterie de minimum 39 kWh… et pouvoir même prétendre à un pack impressionnant de 64 kWh en guise de haut de gamme ! Seules les onéreuses et lourdes concurrentes premium qui se lancent maintenant à l’assaut de Tesla peuvent prétendre à de plus grosses batteries !

Explosive !

C’est donc avec cette version « porte-drapeau » que nous découvrons le Kona EV. En plus de son module de batterie plus généreux, la version 64 kWh se démarque de sa petite sœur de 39 kWh par la présence d’un moteur électrique bien plus puissant. Il développe en l’occurrence 204 ch contre 136 ch sur la Kona EV d’accès. En revanche, le couple reste identique (et très généreux) dans les deux cas puisqu’il est annoncé à 395 Nm tant sur les Kona EV 64 que 39 kWh. À l’usage, le moteur électrique de 204 ch surprend avec ses accélérations explosives. On peut clairement déposer plus d’une petite sportive aux démarrages ! Le 0 à 100 km/h est expédié en seulement 7,6 s…

Trop puissant ?

Mais plus sérieusement, on aurait finalement apprécié pouvoir disposer de la « grosse » batterie avec le moteur de 136 ch. Car le bloc de 204 ch ne semble pas indispensable pour animer sereinement le Kona EV malgré son poids élevé. La Kona EV de 136 ch, certes un peu plus légère, annonce 9,7 s pour le 0 à 100 km/h ce qui est loin d’être ridicule. Avec le moteur de 204 ch, la motricité du train avant est, en outre, assez vite mise à mal lors des accélérations un peu franches… Mais pour le moment, impossible d’avoir le « petit » moteur avec la « grosse » batterie.

Comportement « actif »

En route, la Kona EV présente un comportement dynamique appréciable même si la masse importante de l’ensemble se laisse parfois sentir. Le toucher de route est, en revanche, assez ferme. Si vous vous attendez à jouir d’un confort d’amortissement moelleux, vous risquez d’être déçu. Au volant, on se prend vite au jeu de la récupération d’énergie au freinage. Pas question de devoir composer avec un freinage régénératif par défaut ultra-marqué. Au contraire, on peut jongler entre trois niveaux via les palettes installées derrière le volant. De quoi se laisser glisser le plus loin possible sur l’élan ou, au contraire, s’arrêter rapidement à l’approche d’un feu rouge sans actionner la pédale de frein. Ce qui rend la conduite plutôt active voire amusante.

Et l’autonomie ?

Au bout de notre semaine complète d’essai, nous avons consommé 19 kWh/100km en moyenne. Mais sans nous priver des équipements de confort (chauffage, sièges et volant chauffants), ni de profiter à l’occasion des accélérations explosives offertes par le moteur électrique et encore moins de rouler à allure « normale » pour suivre le flot de la circulation sur les autoroutes. Mais même en roulant sans contrainte, on peut alors envisager une autonomie réelle dépassant les 300 km au volant du Kona EV 64 kWh. En adoptant un style de conduite plus « économe » et en limitant ses déplacements autoroutiers, qui restent assez énergivores, on peut voir la consommation rapidement descendre autour des 16 à 17 kWh/100 km. Ce qui assure une autonomie réelle se rapprochant de la barre des 400 km. Voilà qui, au quotidien, se montre très confortable. Ce qui permet de rapidement oublier la peur de « la panne sèche ».

Alternatif ou continu

Le Kona EV intègre un chargeur embarqué de 7,2 kW. Ce qui permet de recharger, sur une borne domestique capable de délivrer une telle puissance, cette grosse batterie en un peu moins de 10 heures. Notons néanmoins que si l’on prend l’habitude de rebrancher la Kona EV dès que l’on rentre à la maison, il ne faudra en pratique que quelques heures pour récupérer 100% d’autonomie puisqu’on rentre rarement avec une batterie à 0 % (sauf à rouler plus de 400 km/jour, évidemment !). Pour les plus longues distances, le Kona EV est également compatible avec la recharge rapide en 100 kW en courant continu. On peut alors, en théorie, espérer recharger 80% de la batterie en moins d’une heure (54 minutes). Mais les bornes publiques capables de délivrer une telle puissance restent encore assez rares dans la pratique malheureusement. En cas de dépannage, il est aussi possible de brancher la Kona EV sur une « simple » prise domestique avec un boîtier spécifique proposé par Hyundai. Mais il faudra alors patienter… 31 heures pour recharger la batterie de 64 kWh.

Conclusion

Difficile, dans l’absolu, de ne pas se laisser convaincre par cette Kona EV. Surtout avec son pack de batterie de 64 kWh qui offre une réelle polyvalence d’usage. Un tableau parfait donc ? Pas loin. On ne regrettera qu’un volume de coffre assez moyen à l’usage (332l) et un tarif encore trop élevé flirtant avec les 45.000€ même si la dotation de série est à l’avenant.

En résumé, notre avis sur la Hyundai Kona EV 64 kWh

PLUS

-Autonomie, polyvalence d’usage

-Equipement de série très complet

-Possibilités de recharges

-Performances explosives / agrément dynamique

MOINS

-Prix qui reste élevé

-Motricité vite mise à mal

-Volume de coffre moyen à l’usage

Fiche technique

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