[Essai] Kia Optima PHEV, le fond et la forme

[Essai] Kia Optima PHEV, le fond et la forme

Assez peu diffusée en Europe malgré une carrosserie unanimement reconnue comme charismatique, la précédente génération d’Optima souffrait d’une gamme mécanique limitée. C’est moins le cas avec l’actuelle qui peut, notamment, compter sur une mécanique hybride rechargeable techniquement intéressante. De quoi marier le fond et la forme ?

 

Si sa devancière avait déjà tenté timidement l’aventure de l’hybridation « simple », l’actuelle génération d’Optima enclenche l’électrification à la vitesse supérieure en optant pour une mécanique hybride rechargeable. Dans la manœuvre, elle s’offre alors une batterie de plus grande capacité en troquant son précédent module de 1,4 kWh contre un pack capable de stocker 9,8 kWh. Batterie qui peut se recharger directement sur le réseau soit en 3h45, sur une prise classique, soit en 2h30 si l’on dispose d’une borne de recharge dédiée. L’Optima hybride rechargeable affiche un rayon d’action électrique théorique (selon le précédent protocole NEDC) de 54 km. Dans la pratique, nous avons eu l’occasion de vérifier que l’Optima peut rouler pendant un peu plus de quarante kilomètres sans consommer la moindre goutte de carburant.

120 km/h

Le moteur électrique de 50 kW (68 ch) assure alors, seul, la traction à un rythme tout à fait suffisant pour se glisser dans la circulation. Et même rouler jusqu’à 120 km/h, sans nécessiter l’aide du moteur thermique. Si l’on doit néanmoins l’appeler à la rescousse, soit pour dépasser soit car le niveau dans la batterie devient trop faible, on peut alors compter sur l’aide d’un bloc 2.0l essence atmosphérique à injection directe. Ce dernier développe 156 ch et vient donner un coup de bielle par l’intermédiaire d’une boîte automatique à six rapports. En tout, le conducteur dispose alors de 205 ch et de 375 Nm en cas de besoin.

Moteur « placide »

En optant pour un bloc à essence atmosphérique, contrairement au moteur turbo de sa principale concurrente, la Volkswagen Passat GTE, la Kia Optima PHEV se montre assez peu explosive et plutôt linéaire lors des accélérations. Le traditionnel exercice du 0 à 100 km/h réclame, par exemple, 9,4 s avec l’Optima PHEV contre un peu plus de 7 s sur la VW Passat GTE. Mais pour adopter une conduite coulée, le duo essence/électricité coréen fonctionne bien.

Coffre tronqué

Côté pratique, on notera que cette berline coréenne ne lésine pas sur les centimètres : elle s’étend sur 4,85 m de carrosserie. Elle libère ainsi une excellente habitabilité aux places arrière. Et encore, c’est un euphémisme : on jouit quasiment d’un rayon aux genoux digne d’une limousine à l’arrière ! Dommage, en revanche, que le pack de batterie installé dans la Kia ampute le coffre de l’Optima de 203l. Ce qui ne laisse plus que 307l disponibles pour charger ses valises. Le pire, c’est que ce module de batterie installé juste derrière le dossier de la banquette en condamne toute modularité. Impossible, en effet, de rabattre les dossiers pour le transport d’un objet long. Pour gommer ce défaut, Kia propose néanmoins d’opter pour la silhouette break de son Optima PHEV dont le module de batterie est nettement mieux intégré (tout en étant même un peu plus performant). Ce qui permet de conserver des dossiers arrière rabattables.

Reposante

À bord, si la présentation de l’Optima reste globalement assez classique et que l’on dénombre encore certains plastiques peu flatteurs (notamment autour du combiné de climatisation), on appréciera sa planche de bord dont l’ergonomie reste assez simple. En route, l’Optima PHEV se profile comme une excellente et confortable routière. Les kilomètres effectués en mode 100 % électrique permettent, évidemment, de jouir d’une excellente insonorisation. En mode « thermique », le bloc 2.0l de l’Optima se montre juste un peu plus présent lors des relances. Les conducteurs les plus exigeants regretteront, en outre, que le rendu de la direction de cette grande berline coréenne reste un peu trop artificiel.

Et côté consommation ?

Comme toujours avec les hybrides rechargeables, la consommation réelle oscillera sensiblement en fonction de son profil et de son usage. Si l’on ne couvre que des petits trajets et que l’on recharge souvent sa voiture, on pourra approcher la consommation théorique annoncée, selon le précédent cycle NEDC, de 1,6l/100 km. Dans la pratique, mieux vaut tabler sur une consommation réelle tournant autour des 5l/100 km pour l’Optima. Mais, bien sûr, si l’on ne recharge jamais la batterie, il faut s’attendre à ce que le bilan devienne moins flatteur…

Pas donnée, mais bien équipée !

Uniquement proposée dans la finition haut de gamme Sense richement équipée, l’Optima PHEV berline s’affiche à 46.240€. Un prix important, certes. Mais ici, l’équipement de série est ultra-complet avec le système d’info-divertissement avec navigation, les phares LED à allumage automatique, le capteur de pluie, le système anti-dévoiement, le surveillant des angles morts, la reconnaissance de la signalisation routière, le système de caméra périphérique, les sièges avant et arrière chauffants, les sièges avant ventilés, les sièges en cuir, l’installation Hifi Harman Kardon, etc.

Conclusion

La Kia Optima PHEV possède quasiment toutes les cartes en main pour séduire. Mais on s’orientera prioritairement vers sa variante break SW qui gomme les deux principaux défauts de la berline. D’une part, on bénéficie d’une modularité plus soignée et d’un volume de coffre plus en adéquation avec l’encombrement extérieur. Et, d’autre part, proposée aussi dans une version moins richement équipée, le break affiche un prix de base légèrement inférieur (43.740€). Cerise sur le gâteau : le break profite d’une batterie dont la capacité est légèrement supérieure (11,26 contre 9,8 kWh), ce qui porte son rayon d’action théorique de 54 à 62 km. Enfin, si possible, on attendra encore quelques mois avant de passer commande : le millésime 2019 devrait bénéficier, outre d’un faciès légèrement remodelé, aussi d’évolutions techniques intéressantes.

En résumé, notre avis sur la Kia Optima PHEV

PLUS

-Consommation réelle contenue (si recharge régulière)

-Equipement de série très complet

-Habitabilité généreuse

-Confort, agrément de conduite

MOINS

-Volume et modularité du coffre (sur la berline)

-Comportement dynamique un peu pataud

-Direction manquant de naturel

-Prix relativement élevé

Fiche technique

 


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